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Emailing· 6 min de lecture

Comment reprendre l'emailing après des mois de silence (sans finir dans les spams)

Robinet en verre dépoli translucide dont le fin filet qui s'en écoule irradie une lueur orange

Tu n’as pas envoyé d’email depuis six mois. Peut-être un an. Et là, tu te dis qu’il serait temps de s’y remettre.

Bonne nouvelle : c’est la bonne décision. Si tu y penses, c’est que tu as déjà compris que tu passais à côté d’un certain paquet de pesos mexicains.

Mauvaise nouvelle : la plupart des marques qui reprennent l’emailing après une longue pause flinguent leur délivrabilité dès le premier envoi. Pas au bout de trois campagnes. Au premier email.

Alors si tu reviens, ne reviens surtout pas comme un cheveu dans la soupe.

1. Une liste qui n’a plus de tes nouvelles n’est plus vraiment ta liste

Six mois sans un email, c’est une éternité dans une boîte de réception. Entre temps, tes contacts se sont inscrits ailleurs, ont changé de projet, ont reçu quelques milliers d’autres messages. Toi, tu es resté au même endroit dans leur tête : nulle part.

Certains vont ouvrir ton email sans avoir le moindre souvenir de toi ni de ton entreprise. Et ceux-là ne se posent aucune question. Ils cliquent sur « signaler comme indésirable », par réflexe, en trois secondes.

C’est ce réflexe qui coûte cher. Une plainte pour spam est le signal le plus lourd que tu puisses envoyer à un fournisseur de messagerie : ce n’est pas « cet email ne m’intéresse pas », c’est « cet expéditeur n’aurait pas dû pouvoir m’écrire ». Il en faut très peu pour que ta réputation d’expéditeur se dégrade, et une réputation abîmée met des mois à se réparer.

Et si tu débarques comme une fleur avec un envoi à toute ta base, ton email suivant, celui que tu auras vraiment soigné, n’arrivera même plus en boîte de réception.

Voici ce que tu peux faire à la place.

2. Refais-leur une séquence de bienvenue

Oui, une séquence de bienvenue. Pour des gens déjà inscrits depuis des années.

Tu te présentes à nouveau. Tu redis qui tu es, ce que tu fais, et surtout ce que tu peux leur apporter aujourd’hui, pas ce que tu leur promettais il y a deux ans. Exactement comme s’ils venaient de s’inscrire.

Parce que dans leur tête, c’est un peu le cas.

C’est aussi le moment de rappeler d’où ils te connaissent : le lead magnet qu’ils ont téléchargé, la commande qu’ils ont passée, le webinaire auquel ils se sont inscrits. Un contact qui se souvient pourquoi il est là ne te signale pas comme spam. Les mécaniques sont les mêmes que dans une vraie séquence de bienvenue, en version courte et en version « ça faisait longtemps ».

3. Dis-leur franchement qu’ils peuvent partir

Ça paraît contre-intuitif. Tu reviens après des mois, et ton premier réflexe serait de pousser tout le monde vers la sortie ?

Oui. Parce que tu as besoin de ce tri.

Tu ne veux pas garder une liste large. Tu veux garder une liste de gens qui ont envie d’être là. Ce sont eux qui ouvriront, qui cliqueront, qui achèteront, et surtout ce sont eux qui protègent tes envois d’après. Chaque personne qui part de son plein gré est une personne qui ne te signalera jamais comme indésirable.

Le dire franchement a un autre effet : ça désamorce l’agacement. Un contact à qui on laisse la porte ouverte n’a plus aucune raison de la claquer.

Tu as une base qui dort depuis un moment et tu ne sais pas par où la reprendre ? Écris-moi « reprise » sur WhatsApp, je te dis en deux minutes si elle est récupérable en l’état ou s’il faut passer par un nettoyage.

4. Le lien de désabonnement qui compte comme un clic

Voilà la partie que presque personne ne fait, et c’est celle qui change tout.

Dans le corps de ton email, tu mets un vrai lien de désabonnement. Pas le petit lien gris perdu tout en bas, dans le pied de page que personne ne lit. Un lien assumé, en plein milieu du texte, à l’endroit où tu leur dis qu’ils peuvent partir.

Le lien obligatoire du bas reste, évidemment. Il est légalement requis et il doit fonctionner. Tu ne le remplaces pas, tu ajoutes juste une porte de sortie plus visible.

Et la subtilité est là : ce lien du milieu ne désabonne personne.

Il envoie sur une page à toi, hébergée sur ton propre nom de domaine, qui confirme simplement que c’est bien noté et qu’ils ne recevront plus rien. Ensuite, tous ceux qui ont cliqué reçoivent un tag dans ton outil, du genre « Désabonnement 12/07/26 ». Et c’est toi qui les sors de ta liste d’actifs derrière.

Ce dernier point n’est pas optionnel. Si tu tagues sans jamais retirer personne, tu ne fais pas du marketing malin, tu construis une liste de gens qui t’ont demandé de partir et qui reçoivent encore tes emails. Le tri se fait vite, dans la foulée de la campagne.

Pourquoi se compliquer la vie à ce point

Parce que ce clic compte comme un clic, pas comme un désabonnement.

Trois conséquences, et elles sont toutes bonnes pour toi :

Le résultat est identique pour le contact, qui sort bien de ta liste. Ce qui change, c’est le signal que ton envoi renvoie.

5. Envoie par petits paquets

Dernière étape, et c’est celle qu’on oublie le plus souvent.

Ne renvoie pas tout d’un coup. Commence par 1 000 contacts, tes plus actifs de préférence. Tu regardes comment ça se passe, tu regardes les ouvertures, les plaintes, les retours en erreur. Puis tu montes, doucement, par paliers.

Parce que si tu ne fais rien pendant un an et que tu envoies d’un coup à tes 100 000 contacts, les problèmes vont commencer.

Un expéditeur qui se réveille avec un volume pareil, ça ressemble beaucoup à un spammeur. C’est exactement le profil de comportement que les filtres sont entraînés à repérer, et ils n’ont aucun moyen de savoir que toi, tu es simplement quelqu’un qui revient de vacances prolongées.

Une petite liste qui te lit vaut mieux qu’une grosse liste qui te met en spam

Si tu appliques tout ça, ne te voile pas la face : beaucoup vont se désabonner.

C’est une très bonne chose. Ces gens-là ne sont plus intéressés et n’auraient de toute façon jamais rien acheté. Tu ne perds pas des clients, tu perds du poids mort qui plombait tes statistiques et ta réputation depuis des mois.

Et n’oublie pas l’essentiel : tu ne reviens pas pour vendre. Pas tout de suite, en tout cas. Tu reviens pour leur redonner envie de rester. La vente, elle, redeviendra possible une fois que ta liste te lit à nouveau, avec les séquences et les campagnes que je détaille dans mon guide complet de l’email marketing.

Une petite liste qui te lit vaudra toujours mieux qu’une grosse liste qui te met en spam.

Alors si ta base dort depuis des mois et que tu veux la réveiller sans tout casser, écris-moi « reprise » sur WhatsApp ou LinkedIn, et on regarde ensemble par quel bout la reprendre. ⤵️

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